Article paru le jeudi 15 mars 2007 dans le complément week-end

Céligny Nicolas
Choucq en cuisine
et Pedro de
Matos en salle
en préservent
la magie.

ALAIN GIROUD


Il a décidément un charme fou ce Buffet de Gare niché dans l'esclave genevoise de Céligny. Un décor d'un romantisme absolu, évoquant les plus belles heures du chemin de fer, affiches rétros et objets de collection exposés dans un cadre art-déco adorable.    Les yeux des femmes brillent plus intensément dans ce lieu amoureusement présenté par Pedro de Matos, qui assure avec professionnalisme le service en salle, et le cuisinier Nicolas Choucq.

Carte bistrotière
    Ce dernier propose une carte bistrotière qui réconcilie les amateurs de canaillerie et les tenants d'une gastronomie plus classique. Logique dans une région où la clientèle étrangère, en particulier anglo-saxonne, n'a pas vraiment l'habitude de se nourrir de cuisses de grenouilles ou de tête de veau.     Mais elle aime certainement ces huîtres de Prat Arcum élevées par Yvon Madec, dodues sans être trop grasses, à

Un très beau plat d'un classicisme absolu.

Romarin incandescent     Quittons la Normandie (le cidre..,) pour la Provence et ses agneaux qui ont brouté le romarin, la farigoule et la bruyère. On a le droit de rêver, non?     Le carré de Nicolas Choucq est cette fois servi très rosé. Il est tendre comme le cœur d'une jeune fille, associé à un mélange de courgette sau-tée et de tomates cerises et à un petit jus corsé. Il arrive sur la table avec une branche de romarin enflammé qui parfume l'atmosphère et ajoute au romantisme ambiant.     A l'heure des douceurs, on retrouve les clins d'œil de l'enfance avec des desserts en communion avec la cuisine de terroir de Nicolas Choucq. Le bonheur est alors total.




BUFFFET DE LA GARE DE CÉLIGNY

25, route de Founex
1298 Céligny
Tél. 022 776 27 70

Menu à midi seulement,
A la carte (entrée, plat, dessert et une demi-bouteille de vin), compter 90 fr.
Parking
Terrasse
Accès handicapés

déguster nature (évitez citron et surtout vinaigre à l'échalote, cela tue les saveurs marines) avec un pain complet beurré. Toute la marée bretonne déferle sur la table, comme pendant les vacances.
    Comme si le printemps pointait déjà son nez, on découvre de la vraie dent-de-lion sauvage parmi les entrées. Assortie de petits lardons, de croûtons (maison!) et d'un œuf poché avec dextérité. Le jaune coule, chaud, dans la salade, enrobe les lardons, imbibe les croûtons... On ne vous en dit pas plus, gourmands que vous êtes!

Terrine de queue de bœuf
    Mais l'œil avisé du passionné de cuisine de terroir sera irrésistiblement attiré par la terrine de queue de bœuf.     Prise dans sa gelée de cuisson, moelleuse, tendre, soulignée d'une vinaigrette parfumée associée aux carottes fondantes qui ont parfumé le bouillon de pot-au-feu. Le plaisir aurait été total si cette terrine parfaite n'avait pas été servie trop froide. Mais Nicolas Choucq a promis que c'était la dernière fois!
    Sa côte de veau, en tout cas, était chaude à cœur.

Peut-être pas tout à fait rosée, mais on le soup- çonne de s'être adapté à cette fameuse clientèle dont les goûts sont tradi-tionnels.     En tout cas, la portion n'est pas destinée aux ap- pétits d'oiseau. Elle est so- lidement taillée cette côte, épaisse comme trois doigts de bûcheron, dorée, cernée d'un éventail de lé-gumes frais, carottes, pe-tits navets, haricots verts et d'un paillasson de pom-mes de terre croustillant, sans un soupçon de gras superflu.     Et puis, il y a tout autour, en cordon parfumé, une sauce crémée au cidre absolument délicieuse.